06/12/2008

Stage de développement intemporel


Cher(e)s ami(e)s,


Je vous écris de mon stage de développement intemporel à la ferme du renouveau où j’ai rencontré Jean Claude. Tout de suite j’ai senti le courant passer entre nous, j’étais bien … c’était super… J’en ai été très étonnée, car cela fait des années que mes rapports avec les hommes sont devenus compliqués. Hier j’ai peut-être trouvé une explication de cet état de fait, au cours d’une expérience d’hypnose ascensionnelle divinatoire, que nous avons vécue ensemble.


En réalité, la première fois que nous nous sommes rencontrés, nous étions deux manchots sur la banquise. L’un contre l’autre, nous avions regardé émus une aurore australe. Puis de notre démarche chaloupée, nous avons parcouru ensemble le chemin vers la vallée de la conception. Sa parade amoureuse m’avait mise dans un tel état d’émotion, que je sentais la glace fondre sous mes palmes. Alternativement, nous avons couvé notre œuf en bravant les tempêtes. Hier, tout m’est revenu en mémoire, le vent, le froid, les piétinements, la faim, l’attente et le délicat passage de l’œuf, de mes pieds sur les siens. La première année tout s’est bien passé et nous avons mis au monde un adorable petit empereur. Notre amour ne se tarissant pas, nous avons recommencé l’année suivante. Nos ébats furent encore plus torrides et je confesse avoir contribué gravement à la réduction de la calotte glacière cette année là. Après m’avoir fécondée, Jean Claude est parti se sustenter en attendant la ponte, car nos exercices lui avaient donné faim. Cependant, il n’est pas venu me relever pour la couvée. Je l’ai attendu sans comprendre. J’étais à bout de force, l’œuf s’est brisé sur la glace, je suis morte de chagrin et de froid. Hier, il m’a appris qu’un orque l’avait avalé, au cours de sa partie de pêche sous la glace.


Aujourd’hui nous avons tenté la relaxation psycho-transactionnelle extralucide et nous nous sommes retrouvés battant des ailes jusqu’à l’épuisement, poussés par une motivation animale, vers une destination indéterminée. Au fur et à mesure que nous revivions cette séquence, il se précisait que nous étions des cigognes migrant au printemps du sud vers le nord. Cette fois j’étais le mâle et j’avais choisi de construire notre nid au sommet d’un minaret, de la mosquée de Rabah, un jour où le muezzin était pris d’une extinction de voix. Jean Claude m’avait rejoint pour les finitions et nous nous y étions accouplés dans une posture audacieusement acrobatique et périlleusement aérienne. Soudain, au beau milieu de nos ébats, le muezzin avait retrouvé sa voix. Surpris, nous avons failli en perdre l’équilibre. Heureusement, j’étais encore jeune et costaud et ma douce cigogne était bien arrimée sur moi. Mais tout l’été, nous avons dû subir les cinq appels à la prière quotidiens. Notre couple n’y a pas survécu et nous nous sommes séparés après que nos petits cigogneaux aient fait leurs premières plumes. Quand l’automne est arrivé, je suis reparti tout seul vers le sud. Je me suis trompé de route et j’ai terminé mon voyage dans la gueule d’une hyène.


Demain nous essaierons le reburt synergétique astrospacial et je sens déjà qu’il pourrait y être question de libellules. Mais je vous raconterai ça dès mon retour.


Je vous embrasse très fort.


Monique

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